Intarissablement est un poème de Jules Laforgue. Je l'ai étudié en classe il y a quelques jours et je l'ai trouvé vraiment magnifique. D'habitude, je n'aime pas trop les poèmes mais celui-ci dépasse tous les autres....
Intarissablement:
Dire qu'on fond des cieux n'habite nul Songeur,
Dire que par l'espace où sans fin l'or ruisselle,
De chaque atome monte une voix solennelle
Cherchant dans l'azur noir à réveiller un cœur!
Dire qu'on ne sait rien! et que tout hurle en chœur.
Et que pourtant, malgré l'angoisse universelle,
Le Temps qui va roulant les siècles pêle-mêle,
Sans mémoire, éternel et grave travailleur,
Charriant sans retour engloutis dans ses ondes
Les cendres des martyrs, les cités et les mondes,
Le Temps, universel et calme écoulement,
Le Temps qui ne connaît ni son but, ni sa source,
Mais rencontre toujours des soleils dans sa course,
Tombe de l'urne bleue intarissablement!
12 novembre.
Jules Laforgue
Biographie de Jules Laforgue: Poète symboliste français, né en 1860, qui utilisa notamment le vers libre pour exprimer son angoissant sentiment de l'éphémère. Il perdit sa mère en 1877 et se retrouva seul à Paris. En 1881, il devint lecteur pour l'impératrice allemande Augusta, qui le fit voyager dans toute l'Europe. Mais la sécurité matérielle ne fit pas disparaître l'ennui qui le hantait et qui imprime sa marque à sa poésie. De retour à Paris en 1886, après s'être marié avec une jeune Anglaise, il succomba en peu de temps à une phtisie galopante. Laforgue subit d'abord l'influence de Baudelaire, en qui il trouve l'expression de son ennui profond. Mais le spleen chez Laforgue prend plutôt la forme de la complainte, et nombre de ses poésies adoptent cette forme de chanson populaire où le grincement, la noirceur se mêlent à la rengaine gouailleuse des faubourgs (les Complaintes, 1885). La musicalité des vers de Laforgue, et en particulier le travail très précis qu'il fait sur le mètre, utilisant volontiers le vers impair, se ressent de l'influence de Verlaine. À l'ennui et à la tristesse de vivre ne s'oppose, dans son univers poétique, aucun idéal. Le réel est chez lui défiguré par un désespoir grinçant. Le personnage de Pierrot (l'Imitation de Notre-Dame la Lune, 1886) est la créature de cet univers marqué par la discordance. Cette dimension du boitement, rendue par une métrique qui s'affranchit de plus en plus du vers traditionnel, fait évoluer sa poésie pratiquement jusqu'au vers libre dans les dernières œuvres (Des fleurs de bonne volonté, 1890; Derniers Vers, 1890).
Son site officiel:
ICIET TOI T'EN PENSES QUOI??